Glossaire de l'aromathérapie
Les termes essentiels pour comprendre les huiles essentielles et naviguer ce guide, classés par ordre alphabétique.


Chémotype, monoterpénol, oxyde… autant de notions de biochimie aromatique à maîtriser.

GC/MS, HEBBD… le vocabulaire technique de l'analyse et de la qualité des HE.
A
Absolue
Extrait aromatique obtenu par lavage à l'alcool d'une concrète ou d'une pomade d'enfleurage. Plus riche et moins volatil qu'une HE distillée, il est réservé à la parfumerie — hors du champ de l'aromathérapie médicale au sens strict.
Acide gras
Molécule constitutive des huiles végétales (triglycérides), classée selon son degré de saturation : saturé (occlusif), mono-insaturé ω9 (émollient), poly-insaturé ω6/ω3 (régénérant, mais fragile à l'oxydation).
Adultération
Fraude consistant à couper une HE avec une huile végétale, une HE moins chère, ou des molécules de synthèse pour en imiter le profil à moindre coût. Seule l'analyse GC/MS par lot permet de la détecter.
AFNOR (norme NF T 75-006)
Norme française qui définit officiellement une huile essentielle : produit obtenu par entraînement à la vapeur d'eau, par procédé mécanique à partir de l'épicarpe des Citrus, ou par distillation sèche.
Agriculture Biologique (AB)
Certification délivrée par Ecocert, Bureau Veritas ou équivalent, garantissant l'absence de pesticides de synthèse sur la plante distillée. Ne garantit pas à elle seule la pureté chimique de l'HE : seule l'analyse GC/MS le fait.
Alcool monoterpénique
Famille biochimique (linalol, géraniol, terpinéol, menthol) réputée pour son excellent profil de tolérance cutanée et ses propriétés anti-infectieuses douces — la plus sûre et la plus polyvalente en aromathérapie.
Aldéhyde terpénique
Famille biochimique (citral, citronnellal) hypotensive et sédative du système nerveux, mais dermocaustique et allergisante à l'état pur — toujours diluer avant application cutanée.
Allélopathie
Communication chimique entre plantes par le biais de molécules volatiles, l'une des fonctions biologiques supposées des composés aromatiques dans le règne végétal.
Antagonisme
Association de deux huiles essentielles dont les effets se neutralisent partiellement au lieu de se renforcer — l'inverse d'une synergie potentialisatrice.
B
Barrière hémato-encéphalique
Filtre protecteur entre le sang et le cerveau, encore immature chez le jeune enfant — ce qui explique sa sensibilité accrue aux molécules neurotoxiques comme les cétones.
C
Carminatif
Qui favorise l'expulsion des gaz intestinaux et soulage les ballonnements : propriété de nombreux alcools et éthers utilisés en synergie digestive.
Cétone
Famille biochimique (camphre, thuyone, verbénone) mucolytique et cicatrisante, mais neurotoxique et abortive pour la plupart de ses molécules — contre-indiquée chez la femme enceinte, le nourrisson et l'épileptique.
Chémotype (CT)
Variation biochimique d'une même espèce botanique selon le terroir, le climat ou l'altitude. Ex. Thymus vulgaris CT thymol vs CT linalol — même plante, profil et toxicité très différents.
Chromatogramme
Représentation graphique du résultat d'une analyse GC/MS, où chaque pic correspond à une molécule identifiée et quantifiée dans l'huile essentielle.
Cinéole (1,8-cinéole)
Oxyde terpénique présent dans le ravintsara, l'eucalyptus globulus, le romarin CT cinéole. Propriétés expectorantes et décongestionnantes respiratoires.
Concrète
Extrait cireux obtenu par extraction au solvant volatil d'une matière fraîche, avant lavage à l'alcool pour en tirer l'absolue.
Contre-indication
Situation (pathologie, âge, grossesse, traitement en cours) dans laquelle l'usage d'une huile essentielle donnée est déconseillé ou dangereux.
Cosmétique (HE en)
Usage d'une HE diluée dans un produit de soin de la peau ou des cheveux, à des concentrations généralement faibles (0,5 à 3 %).
COSMOS Organic
Certification biologique européenne pour les huiles essentielles à usage cosmétique, plus exigeante que le label AB sur l'ensemble de la chaîne de production.
Cure
Période d'usage continu d'une huile essentielle, généralement limitée à 3 semaines maximum suivie d'une pause d'au moins une semaine, pour éviter l'accoutumance ou la toxicité cumulative.
Cytochromes P450
Famille d'enzymes hépatiques qui métabolisent les molécules aromatiques. Immatures chez le jeune enfant, elles expliquent en partie sa sensibilité accrue aux HE, et interagissent avec de nombreux médicaments.
D
Distillation à la vapeur d'eau
Méthode d'extraction la plus courante des HE : la vapeur traverse le végétal, entraîne les molécules aromatiques volatiles, puis la vapeur est condensée et l'HE séparée de l'eau.
DLU / DDM
Date Limite d'Utilisation ou Date de Durabilité Minimale : durée pendant laquelle l'HE conserve ses propriétés optimales si bien conservée.
Dermocaustique
Qualifie une HE pouvant irriter ou brûler la peau si appliquée pure (ex. cannelle écorce, girofle, origan).
E
Effet de totalité
Principe selon lequel la complexité moléculaire d'une HE naturelle (parfois 300+ composés) produit un effet thérapeutique qu'un isolat de synthèse ne peut reproduire — concept central chez Faucon.
Enfleurage
Méthode d'extraction ancienne par contact du végétal avec un corps gras, utilisée pour les fleurs fragiles (jasmin, tubéreuse) ne supportant pas la distillation.
Essai clinique randomisé
Étude scientifique contrôlée et randomisée chez l'humain : seul niveau de preuve permettant de parler d'efficacité, à condition d'être reproduite.
Essence (vs huile essentielle)
Produit obtenu par expression à froid des zestes d'agrumes — techniquement différent d'une HE distillée, bien que souvent confondu dans le langage courant.
Essencier
Partie de l'alambic où l'eau et l'huile essentielle, non miscibles, se séparent par différence de densité après condensation de la vapeur.
Ester
Famille biochimique (acétate de linalyle, acétate de géranyle) antispasmodique et sédative, très bien tolérée par la peau — l'une des familles les plus douces olfactivement.
Éther (phénylpropanoïde)
Famille biochimique (estragole, anéthole) fortement antispasmodique, mais potentiellement neurotoxique à dose élevée — contre-indiquée chez la femme enceinte et le jeune enfant.
Expression à froid
Méthode mécanique de pression des zestes d'agrumes (orange, citron, bergamote) sans chaleur, préservant les molécules thermosensibles.
F
Furanocoumarine
Molécule (bergaptène, psoralènes) présente dans les HE d'agrumes exprimées à froid, responsable d'un risque de photosensibilisation en cas d'exposition solaire après application.
G
GC/MS (CPG/SM)
Chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse : technique d'analyse de référence identifiant et quantifiant chaque molécule d'une HE.
H
HE
Huile essentielle : extrait aromatique volatil obtenu principalement par distillation à la vapeur d'eau d'une plante aromatique.
HEBBD
Huile Essentielle Botaniquement et Biochimiquement Définie : mention indiquant une traçabilité botanique et chimique précise, sans valeur légale officielle — sa fiabilité dépend du sérieux du producteur.
HECT
Huile Essentielle ChémoTypée : terme utilisé notamment par Dominique Baudoux (Pranarôm), synonyme de HEBBD — les deux désignent la même exigence de définition botanique et biochimique précise.
Hépatotoxique
Qualifie une substance pouvant endommager le foie en cas de surdosage ou d'usage prolongé (ex. certains phénols comme le thymol à haute dose).
HV
Huile végétale : corps gras extrait par pression de graines, fruits ou noyaux, utilisée comme support de dilution ou comme actif thérapeutique à part entière.
Hydrolat
Eau florale récupérée lors de la distillation, en parallèle de l'HE : elle contient les molécules aromatiques hydrosolubles non retenues par l'huile essentielle. Un produit à part entière, pas un déchet.
Hydrophobe
Qui ne se mélange pas à l'eau : propriété de toutes les huiles essentielles, d'où la règle de ne jamais les diluer dans l'eau (risque de brûlure par produit non dispersé).
I
IFRA
International Fragrance Association : organisme qui référence les molécules allergènes de la parfumerie et de l'aromathérapie, comme le citral.
In vitro / in vivo
Niveaux de preuve scientifique : in vitro désigne un effet observé sur des cellules en laboratoire, in vivo un effet observé chez un organisme vivant. Ni l'un ni l'autre ne suffit seul à conclure à une efficacité clinique chez l'humain.
M
Monoterpène
Famille biochimique d'hydrocarbures volatils (limonène, pinène) aux propriétés généralement toniques et peu allergisantes, mais sensibles à l'oxydation.
Monoterpénol
Famille d'alcools terpéniques (linalol, géraniol, terpinéol) réputée pour son excellent profil de tolérance cutanée et ses propriétés anti-infectieuses douces.
N
Note de tête / cœur / fond
Classification olfactive selon la vitesse d'évaporation d'une HE : tête (volatile, perçue immédiatement), cœur (persistance moyenne), fond (très persistante, fixe le parfum).
O
Oméga 3 / 6 / 9 (ω3, ω6, ω9)
Classification des acides gras insaturés selon la position de leur première double liaison. Les ω3 et ω6 (poly-insaturés) sont les plus actifs thérapeutiquement dans les huiles végétales, mais aussi les plus fragiles à l'oxydation.
Oxyde
Famille biochimique (1,8-cinéole notamment) aux propriétés mucolytiques et expectorantes, présente dans les HE à visée respiratoire.
P
Phénol
Famille biochimique (thymol, carvacrol, eugénol) à fort pouvoir anti-infectieux mais dermocaustique et potentiellement hépatotoxique à dose élevée ou sur la durée.
Photosensibilisant
Qualifie une HE (souvent agrumes : bergamote, citron) augmentant le risque de brûlure ou tache cutanée en cas d'exposition au soleil après application.
R
Rendement (de distillation)
Quantité d'huile essentielle obtenue par rapport à la masse de plante distillée : très variable selon l'espèce (0,03 % pour la rose de Damas, 1 à 3 % pour l'eucalyptus), ce qui explique les écarts de prix entre HE.
Résinoïde
Extrait obtenu par solvant volatil à partir d'une matière sèche ou résineuse (labdanum, benjoin). Comme la concrète et l'absolue, il relève de la parfumerie plutôt que de l'aromathérapie médicale.
S
Sesquiterpène
Famille biochimique de molécules plus lourdes que les monoterpènes (camazulène, alpha-humulène), souvent anti-inflammatoires et calmantes, peu toxiques.
Spasme laryngé
Contraction brutale et involontaire du larynx pouvant gêner la respiration : risque documenté chez le nourrisson et le jeune enfant exposés à des HE mentholées ou camphrées près du visage.
Synergie
Association de plusieurs HE dont l'effet combiné est supposé supérieur à la somme des effets pris isolément, selon une logique de complémentarité biochimique.
T
Terpène
Terme générique désignant les hydrocarbures construits sur des unités d'isoprène, base chimique de la quasi-totalité des molécules aromatiques des HE.
Terroir
Ensemble des facteurs environnementaux (altitude, sol, climat, ensoleillement) qui influencent la biosynthèse des molécules aromatiques d'une plante et déterminent son chémotype.
Test cutané (pli du coude)
Vérification de tolérance avant une première utilisation : appliquer une goutte d'HE diluée au pli du coude et attendre 24h pour détecter une éventuelle réaction allergique.
Triglycéride
Structure moléculaire de base des huiles végétales : un ester de glycérol et de trois acides gras, à ne pas confondre avec les molécules volatiles d'une huile essentielle.
V
Voies d'administration
Les quatre grandes voies d'usage d'une HE : cutanée (application diluée), respiratoire (diffusion, inhalation), orale (ingestion, la plus risquée) et rectale (suppositoire, usage pédiatrique encadré). Chacune a ses règles de dilution et ses contre-indications propres.
Un terme manque ? Ce glossaire s'enrichit progressivement. Les définitions détaillées de chaque famille biochimique se trouvent sur la page Familles biochimiques.